_Vendredi 03 juillet 2009
Tout était prêt. Tout ou presque. Le sac, les vêtements, le maquillage... tout. Restait plus qu'à prendre de l'argent et descendre en ville. J'ai même passé une heure et quart dans la salle de bains ce matin à me préparer. Une heure et quart, vous vous rendez compte ? J'me suis regardée dans la glace et ce doit être la première fois que je me trouvais aussi jolie. J'étais vêtue de ma tunique noire, ma tunique préférée. Celle avec laquelle j'aurai voulu l'entendre dire "Que tu es belle...". Cette tunique que j'aurai dû mettre lorsque nous avions prévu d'aller au cinéma voir un film d'horreur, il y a peut-être déjà deux mois de cela. Le maquillage ce n'est pas trop mon fort, mais j'ai voulu faire un petit effort. Fond de teint oblige, fard à paupières beige pailleté, crayon noir... enfin tout le tralala pour se sentir belle et séduisante. On aurait pu penser que j'étais de sortie aujourd'hui. Mais je l'étais ! J'ai même mis du vernis à ongles de couleur discrète, rose pour être précise. C'est rare. C'est rare que j'me pouponne comme ça devant mon miroir... Mais je voulais du changement. Rien que pour aujourd'hui. Parce que je savais que je ne le reverrai plus pendant un certain temps.
Hier, je priais pour que le colis arrive dès aujourd'hui. Maintenant, il peut arriver le jour qu'il veut ce n'est plus très important à présent...
10h44 voyant qu'aucun message ne me parvient, je décide de l'appeler. Chose que j'aurai certainement dû éviter. J'aurai pu attendre après son message, crever... cela n'aurai rien changé de toute façon. Et là, il s'est mit à prononcer la phrase qui tue. Cette phrase qui m'a tué. Ce genre de phrase qui vous fait réaliser à quel point vous ne comptez que pour du beurre à son égard. Ce genre de phrase qui vous fend le coeur en deux, voire même en 36000 morceaux...
Conclusion ?
Une semaine d'attente pour le colis, un appel le mercredi après-midi, un texto envoyé hier soir, réveillée à 8h00 ce matin, une heure et quart passée dans la salle de bains dès 9 heures, un appel ce matin, le crédit de communication ras les pâquerettes....
J'ai enlevé mon collier de perles noires, mes boucles d'oreilles, même pas démaquillée, j'me suis déshabillée, cherchant un truc banal à me mettre à la place de cette tunique. Pourquoi une telle élégance si ce n'est que pour finalement rester chez soi...? J'ai essuyé mes larmes et me suis assise un instant. Pour réfléchir et écrire. Voilà qu'il y a à peine 2 minutes je me sentais radieuse à l'idée de le voir, merveilleuse, rayonnante... et là.... nulle, pitoyable, honteuse avec cette peinture au visage.
Hier encore, j'hésitais à propos de mes sentiments.
Y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.